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Test du service de cloud NextCloud

Nous l’avons vu mainte et mainte fois, le cloud est en passe de devenir un confort quasiment obligatoire pour beaucoup d’utilisateurs. Les motivations peuvent être différentes, certains veulent simplement pouvoir augmenter le stockage sur leur téléphone, d’autres souhaitent se prémunir d’éventuelles pertes de données en les décentralisant. Et enfin certains utilisent plutôt le cloud pour la facilité de partage que cela apporte, que cela soit entre les différents appareils, ou entre les utilisateurs.

Mais, pour qui s’intéresse un minimum à l’informatique, des interrogations reviendront immanquablement, où vont les données ? Qui y a accès ? Est-ce qu’elles restent privées ? C’est principalement à cause de ces questionnements que beaucoup d’entreprises de passent pas par un cloud commercial comme ceux que nous connaissons afin de fournir du stockage en ligne à leurs employés.

En effet certaines lois, applicables à beaucoup des pays hébergeant ces gros services, disposent que l’accès aux données hébergées dans le cloud reste possible aux autorités ou même à d’autres institutions si le besoin s’en fait sentir. Pour simplifier. Tout ceci est assez flou, et personne ne sait avec certitude si les données stockées sont lues ou non, et si oui suivant quel critère.

Il est évident que Microsoft, Amazon, Google et les autres ne doivent pas avoir grand-chose à faire de vos photos de vacances, par contre est-ce qu’un bot (un programme informatique agissant comme un robot plus ou moins autonome), parcours les données hébergées afin de mieux cibler sa clientèle ? D’en tirer des informations pouvant constituer une ressource commerciale, comme par exemple dans le domaine de la publicité ciblée ? Peut-être. Imaginons maintenant que vous soyez une entreprise, petite ou grosse, et que vous ayez les mêmes interrogations. Seriez-vous prêt à confier à ces géants des informations internes pouvant relever du secret commercial ? Ou si vous êtes un particulier un peu méfiant, peut-être que vous avez envie de tout simplement ne pas vous poser de question et opter pour une autre solution que les acteurs traditionnels.

C’est une des forces de NextCloud, la solution de cloud que nous présentons aujourd’hui.

Inscription et offres

NextCloud, c’est différent. Commençons par cela. Si quand vous vous inscrivez à une offre cloud de Microsoft, de Google ou d’Amazon, vous louez en réalité une petite partie de leur stockage serveur pour votre usage personnel, il est possible de faire différemment avec NextCloud.

Certes, le site pourra vous proposer de trouver un hébergeur privé, qui vous fera profiter des services de la plateforme, comme la concurrence, mais ce n’est pas l’intérêt profond de NextCloud. Là où cet intérêt réside, c’est qu’il est possible de télécharger le logiciel serveur, et de l’installer vous-même, sur votre machine à vous, afin de profiter de votre cloud, chez vous.

Il suffit pour cela d’un vieil ordinateur, de stockage sous forme de disque dur, d’une bonne connexion internet, et d’un bon tutoriel en ligne. Bien sûre, des notions complémentaires seront nécessaires, comme par exemple le fait de savoir router certains ports dans sa box, mais dans les faits, rien n’est insurmontable.

On monte donc son propre cloud, et cela soulève de nouvelles questions. Par exemple, sur le prix. D’habitude, nous prenons la première offre payante d’un service, nous la ramenons au mois, puis nous déterminons un prix au Go mensuel. Bien entendu, ici cela est bien plus difficile à faire. Le logiciel est gratuit, mais un coût existe tout de même. Le service étant chez vous, l’électricité et l’éventuelle maintenance sont à votre charge.

Amusons-nous à faire un petit calcul, en France, pour 2018, le prix du Kwh est de 0.15€. Un Raspberry Pi consomme 1.41Wh, soit environ 12 Kwh à l’année en étant allumé toute l’année. Donc un serveur NextCloud coutera en électricité, pour la partie ordinateur (en choisissant un Raspberry pi comme PC), 1,80€ par an…

A ceci il faut rajouter la consommation du (ou des) disque dur. En gros, en moyenne un disque dur externe USB de 1 To consomme 1.5 W, nous pouvons donc, à la louche doubler la facture. Nous arrivons à un cloud fonctionnel de 1 To pour la somme de 3.60€, s’il n’y a pas de matériel à changer (panne), et si vous possédez déjà le matériel devant être mis en œuvre.

C’est très, très loin du prix des offres concurrentes. Bien entendu, ici, pour la démonstration, nous partons sur du matériel simple et consommant peu, cette facture peut être bien différente suivant le matériel et les achats initiaux.

Passons tout de suite à l’autre question qui devrait vous venir en tête. Oui on stocke les données en interne, donc elles sont protégées au niveau de leur confidentialité, oui elles seront disponibles sur le téléphone, la tablette etc. MAIS, si ma maison prend feu ou est inondée ? Je perds un gros bénéfice du cloud traditionnel puisque mon serveur sera détruit ? Et bien si votre serveur est de petite taille, il n’est pas impensable (dans le cas d’un Pi par exemple), de le mettre chez des amis ou de la famille par exemple, ou mieux encore, de le garder à votre domicile et d’en faire une sauvegarde la nuit sur une autre unité située ailleurs.

Ici nous ne parlerons pas de l’installation de NextCloud, un article entier devrait y être consacré. Sachez seulement que ce n’est pas compliqué si vous avez de bonnes notions de base en informatique. Retenez également que cette solution n’est disponible que pour les machines fonctionnant sous linux.

Le client

Comme pour la plupart des offres de stockage, il existe un client NextCloud pour Windows, MacOS, Linux, mais aussi pour Android, iOS et WindowsPhone. C’est clients vous permettront de gérer vos fichiers et vos dossiers. L’interface en ligne, qui comme le reste sera accessible une fois que vous aurez correctement ouvert les ports de votre box ou de votre routeur, est aussi soignée que celle d’un service payant, et vous permettra de réaliser les mêmes choses. Mis à part l’utilisation de suites bureautiques telles celles de Microsoft ou de Google. Quoi que…

C’est une autre des grandes forces de NextCloud, la communauté est très présente, et cela entraîne qu’il y a beaucoup de développement autour de cette application. Directement depuis l’interface en ligne, à l’intérieur de ses paramètres, il est possible de rajouter une myriade de modules ! Vous pouvez créer votre cloud selon vos besoins, et si d’aventure il vous faut une suite bureautique, c’est possible. Certes ce sera peut-être un peu moins bien que celle de Microsoft. Mais si il vous faut un chat, un lecteur de PDF, un module de commentaires pour les utilisateurs, ou tout autre service supplémentaire, vous le trouverez surement.

Tout comme la partie serveur, il faudra mettre un peu les mains dans le cambouis pour aboutir au cloud de vos rêves, mais cela en vaut la peine.

Ergonomie

Soyons tout de suite clair, si on parle du logiciel dans son intégralité, l’étape de l’installation du serveur réduit grandement l’ergonomie générale du produit. C’est un fait. Même si NextCloud devient de plus en plus simple, il reste encore réservé aux personnes ayant un minimum de bases techniques. Si c’est votre cas, alors accompagné d’un bon tutoriel, l’installation est envisageable.

Si on parle de l’usage en lui-même, c’est excessivement simple. Certes il y a pas mal d’options, mais tout est accessible au plus grand nombre. Si vous avez déjà utilisé un service de cloud, vous ne serez pas déstabilisé. Tout se ressemble, pour ma part je préfère même l’ergonomie de l’interface en ligne de NextCloud à certaines autres d’offres commerciales.

Quant aux différents clients, c’est pareil, il n’y a pas plus de difficulté à utiliser celui de NextCloud que celui de Google ou de Microsoft par exemple.

Performances

Pour une fois, je ne vais pas donner de chiffres, puisque, certes je possède un NextCloud, mais qu’il est chez moi… les chiffres que je pourrais donc donner seraient des temps locaux… donc très rapides.

Cependant je vais mettre l’accent sur autre chose, qui est aussi un point déterminant dans l’usage de NextCloud, votre bande passante, surtout en upload. En effet, quand vous allez être à l’extérieur, consulter un fichier sur votre Nextcloud revient à faire emmètre des données à sa box. Vous n’êtes pas fibré, vous risquez d’être très déçu par rapport aux autres hébergeurs qui possèdent, eux, des liens extrêmement rapides. Tout dépend donc de votre connexion. C’est parfaitement utilisable avec la fibre, pour tous les usages. Et c’est suffisant, à mon sens, avec une bonne connexion VDSL si vous n’échangez pas trop de photos et pas de vidéos. Pour simplifier, pour travailler c’est parfait, pour la détente un peu moins.

Avis

Je suis, à titre personnel, un ardent défenseur de la confidentialité de mes données, et à ce titre, je suis partisan de NextCloud. Mais il faut bien admettre que si cette solution offre énormément d’avantages, elle comporte également quelques inconvénients. Par exemple, le problème de la dépendance à la bande passante est un vrai souci si vous n’êtes pas fibré. Le fait que le serveur ne soit compatible qu’avec Linux peut aussi être une barrière, tout comme le fait que l’installation soit moins aisée que celle d’un logiciel sous Windows. Ce sera donc à chacun de peser le pour et le contre d’une telle solution. Mais si vous vous trouvez dans le cas le plus idéal, à savoir que vous possédez du matériel pouvant servir à une installation NextCloud, que de taper quelques lignes de code dans Linux ne vous fait pas peur, et que votre domicile est fibré, alors c’est vraiment dommage de se priver d’un tel service.

  • Updated janvier 17, 2019
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