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Internet et Coronavirus : Comment notre façon d’utiliser internet a évolué ?

Nous venons tout juste, du moins en France, d’être « déconfiné », mais nous avons été terrés chez nous pendant de longues semaines et cela a forcément eu un impact sur notre façon d’utiliser Internet.

Les Fournisseurs d’accès indiquent que l’augmentation de l’usage d’Internet a été d’environ 20% durant la période de confinement. On aurait pu croire, que cela aurait été plus, mais finalement, il s’est plus agit de relocalisation de la consommation.

Le télétravail a déplacé la consommation de données des entreprises vers les zones résidentielles. En d’autres termes là ou avant une entreprise, consommait 10, durant le confinement, 10 habitations, celles des employés de cette entreprise, consomment 1. Bien entendu, si nous regardons les données de très près, les valeurs ne sont pas aussi précises, mais dans l’idée, c’est ça. Donc, le travail n’a pas entrainé une augmentation perceptible d’internet, il y a juste eu déplacement de l’usage.

Le seul usage d’internet, lié au travail qui a fortement augmenté est, bien évidemment, la vidéo conférence. Scott Mair, le président des opérations et de la technologie chez AT&T parle d’une augmentation de 200%.

Ce sont donc d’autres usages, pas forcément prévus, qui ont induits une bonne partie de cette augmentation de 20%.

Les enfants à la maison ?

Si les travailleurs ont dû déplacer leur activité à la maison, c’est aussi le cas des élèves. Et là on peut s’interroger sur ce nouvel usage. Car si, concernant le monde du travail, la consommation de données à la maison n’est qu’un remplacement de la consommation qui se faisait sur le lieu de travail, pour les élèves, c’est autre chose. Les élèves, pendant qu’ils sont à l’école, ne consomment pas ou très peu de données. Notre système éducatif repose encore en très grande partie sur un enregistrement des informations sur support papier, et non de manière numérique.

Alors est-ce que ça a été pénible, compliqué et stressant ? Oui, les outils de l’éducation nationale, n’étaient absolument pas prévu pour supporter un confinement massif. J’ai moi-même plusieurs enfants, et croyez moi ça n’a pas été simple. Le fameux Pronote, le portail permettant aux enfants de télécharger leurs devoirs, de communiquer avec le professorat, ou de rendre leur travail n’a pas supporté, surtout dans les premiers jours. Il était impossible d’accéder au service le matin, et cela se prolongé très souvent jusqu’au début de l’après-midi. Parfois, il était même impossible de tout simplement se connecter.

Mais est-ce que l’enseignement à la maison a entrainé une surcharge notable de l’usage d’Internet ? Non. Certes il y a eu beaucoup de connexions d’élèves, mais le volume de données échangé était faible.

Mais si le travail des élèves, et des parents d’ailleurs, n’a pas entrainé d’augmentation réellement notable, le fait qu’ils soient confinés a entrainé un autre usage.

Les loisirs ont explosé !

La vraie augmentation se trouve ici, les loisirs numériques !

Beaucoup de personnes en télétravail ont dis qu’ils été bien plus productifs en travaillant de chez eux. Personnellement, cela n’a rien changé pour moi, car je travaille déjà de chez moi. Mais, j’ai travaillé de longues années de manière plus traditionnelle, en entreprise. Et j’ai aussi remarqué, quand j’ai changé ma manière de produire du contenu (en écrivant de chez moi), qu’effectivement, et de manière assez contre intuitive, j’étais bien plus productif à la maison.

Alors, imaginons qu’un travailleur imaginaire réalise sa charge en 5 heures au lieu de 7. Parce qu’il est plus concentré, moins souvent dérangé, qu’il ne va plus en pose café, qu’il ne discute plus avec ses collègues etc…

Pendant ces 5 heures, il « dépense » la même quantité de données, mais dans les 2 heures qui restent, il y a une possibilité pour qu’il dépense beaucoup plus de data. Rappelons-le, nous étions confinés, donc, par définition, nous ne pouvions pas sortir. Que reste-t-il pour passer le temps ?

C’est la même chose pour les élèves, oui il y a eu continuité pédagogique, mais il ne faut pas transformer la réalité, la charge de travail des élèves a été bien moindre durant le confinement, différente certes, nécessitant une adaptation, oui, mais moindre. Personnellement (oui j’aime bien donner des exemples persos), mes enfants avaient fini leurs devoirs, en fin de matinée, en commençant vers 8h – 8h30. Alors, je pense que tous les parents de France et d’ailleurs ont essayé de ne pas baser toute l’occupation de leurs enfants sur les loisirs numériques, mais même avec la lecture, les lego et les autres occupations il est indéniable que le streaming et les jeux vidéo ont explosé, entrainant fatalement une grosse augmentation de l’utilisation de données à la maison.

Donc, pour résumer ce point, les parents, après leur travail, qui leur a pris moins de temps, car plus productif, ou les enfants, après leurs devoirs, moins conséquents, se tournent majoritairement vers les loisirs en ligne. Jeux vidéo en ligne, streaming, c’est ça la réelle augmentation de l’usage d’internet pendant le confinement.

C’est très facile à comprendre, avec l’offre classique de Netflix, en qualité HD donc, on peut tabler sur 3 Giga octets par heure et par appareil. Avec l’offre Premium, donnant donc accès à la 4K, là on passe à 7 Go par heure et par appareil. Imaginons que vous avez deux grands enfants. Si vous, votre conjoint, et vos deux ados, vous regardez ne serait-ce qu’une heure de streaming dans l’après-midi, alors, votre foyer consomme entre 12 et 28 Giga de data, sur un créneau où avant il ne consommait rien.

Et là, je parle d’une heure de streaming, imaginez l’explosion de la consommation de data des foyers dans lesquels Youtube, Netflix, Disnez plus, Amazon Prime ou OCS ont tourné du matin au soir…

Reprenons mon exemple personnel. Un rapide coup d’œil dans les stats de mon routeur me permet de consulter la consommation internet de ma maison a une date donnée. Le premier mars 2020, mon foyer a consommé 21 Go. Je rappelle que je travaille de chez moi, et j’ajoute que nous sommes une famille recomposée, nombreuse. Le premier mai, la consommation a été de 49 Go… plus du double, et je vous garantie que mes enfants, ou nous les parents, nous ne passons pas notre journée à regarder des séries.

Il faut retenir, pour bien comprendre ce changement dans l’utilisation des données, qu’une heure de streaming vidéo représente des dizaines d’heures d’autres usages. De plus, ce streaming se fait durant un moment de la journée où normalement il n’y a personne à la maison, donc pas d’utilisation de la connexion.

A-t-on frôlé la rupture ?

Alors est-ce que ces parents qui ont travaillé plus vite et qui ensuite reprenaient leur série entamée la veille, ou est-ce que ces enfants qui ont eu moins de travail et qui passaient une partie de leur journée sur Fortnite ou Youtube ont menacé Internet ?

On pourrait le croire, car dès le début du confinement, de très nombreux services en ligne, fortement consommateurs de données, ont annoncé une réduction de la qualité de leur streaming, ou d’autres mesures visant à réduite le volume de données circulant sur le réseau. De nombreux internautes français ont même ragé devant l’annonce de Disney plus, quand la plateforme a révélé qu’elle devait décaler son lancement dans l’hexagone suite à la demande du gouvernement.

Et pourtant, non seulement internet a tenu, mais de plus, les différents acteurs assurent qu’il n’a jamais été question d’une quelconque congestion. Alors, est-ce que l’auto limitation des services de streaming a aidé ? Peut-être, mais on était quand même très très loin des limites d’internet, du moins en Europe. Prenons un exemple, si on prend le nœud d’Amsterdam, le plus important d’Europe, le trafic maximum possible est de 35 Térabits par seconde. Soit 1024 Giga bits de données par seconde. Au plus fort de la consommation durant le confinement, le 22 mars, ce nœud a connu un pic à…7.8 Térabits par seconde…

Durant le confinement, Orange a déclaré : « Ce sont des choses que notre réseau peut absorber, nous n’avons pas d’inquiétude pour nos clients ».

Oui, les services très consommateurs en données ont explosés, mais il y avait encore pas mal de marge.

Alors pourquoi, ces services ont fait en sorte que la consommation baisse ? En coupant la 4K, en réduisant les bitrates, en diminuant la qualité des images sur certains réseau sociaux ?

Au début du confinement, les différents acteurs ont tout de suite remarqué que, si l’usage en soirée restait le même, il y avait une très forte augmentation de la consommation de data tout au long de la journée, pour les raisons que nous avons vues plus haut. Le truc, c’est que c’était une situation tout à fait nouvelle, et qu’il fallait donc être prudent, car à ce moment-là, nul ne pouvait savoir comment cela allait évoluer, combien de temps ça allait durer, et si, conséquemment Internet n’allait pas être surchargé.

Jean-Paul Arzel, le directeur du réseau chez Bouygues Telecom a d’ailleurs déclaré : « D’habitude, on a des courbes de croissance du trafic prévisibles, là on entre dans l’inconnu. On a souhaité mettre toutes les chances de notre côté. On a eu des chiffres d’Italie, où il y a une croissance forte et quotidienne. On voulait se prémunir de ça. La meilleure solution, c’est que les fournisseurs de contenus limitent le trafic »

Pour conclure donc, et pour résumer, le télétravail et la présence des élèves à la maison, a peut fait augmenter la consommation de données. Dans un cas, car le travail effectué à la maison l’était auparavant en entreprise, et dans l’autre car le travail des élèves confinés n’est pas très consommateur. Ce sont donc les loisirs numériques, et principalement le streaming, qui ont fait exploser la consommation de données, mais quoi qu’il en soit, les mesures prises par les acteurs de ces services, ainsi que la robustesse du réseau ont empêchés la congestion. Est-ce que cela veut dire que notre réseau pourrait supporter une situation de confinement bien plus longue ? Ou un télétravail permanent ? Avec les chiffres dont nous disposons aujourd’hui, nous sommes tentés de dire que oui.

  • Updated juin 16, 2020
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